Le cursus renforcé
Le cursus renforcé de l’école de formation de l’Institut La Boétie a été lancé en janvier 2023.
Les quatre premières promotions (Louise Michel, Thomas Sankara, Angela Davis et Edward Saïd) ont achevé leur cursus, tandis que la cinquième, la promotion Rosa Luxembourg, le poursuit jusqu’en janvier 2026 et la sixième, la promotion Frantz Fanon, jusqu’en juillet 2026.
Il s’agit d’une formation militante ambitieuse et exigeante, organisée sur dix week-ends sur une période d’un an (avec présence obligatoire), autour de quatre parcours : matérialisme historique, humanisme global, ère du peuple et enjeux contemporains et pratiques militantes.
Le cursus renforcé, aux côtés des formations locales pour les boucles départementales et des stages régionaux, répond à l’objectif de la galaxie insoumise de développer la formation. Cet objectif est central dans la stratégie de construction de l’Union populaire et pour la révolution citoyenne.
La constitution de la promotion
Le cursus renforcé accueille 70 militant·es par promotion, et deux promotions par an.
Cette limite s’impose à nous pour des raisons pédagogiques, car il est très difficile pour les professeurs, au-delà de ce nombre, d’adapter leurs cours aux profils très différents des promotions, de garantir une certaine interactivité et de permettre l’échange collectif.
Elle s’impose aussi pour des raisons matérielles, telles que la taille des salles, la disponibilité des hébergements et la capacité financière de l’Institut La Boétie. Le cursus renforcé représente en effet un coût conséquent puisque les billets de train, l’hébergement et les repas sont entièrement pris en charge par l’Institut, représentant environ 180 000 € par promotion, tandis que la participation financière des élèves, progressive selon les revenus (cf. barème en annexe), ne couvre que moins de 10 % des coûts.
La septième promotion
Le 27 novembre 2025, un appel à candidatures a été envoyé auprès de l’ensemble des insoumis·es inscrit·es sur la plateforme. Nous avons reçu 976 réponses, ce qui reste un niveau très élevé de candidatures. En effet, nous avions reçu 1483 candidatures pour la première promotion, 860 pour la deuxième, 771 pour la troisième, 1313 pour la quatrième, 1064 pour la cinquième, et 1084 pour la sixième. Il nous a fallu donc en choisir 70, soit 7,2 % des candidatures.
Il est donc évident que de très nombreuses bonnes candidatures n’ont pas pu être retenues cette fois-ci, comme lors des six premières promotions. 399 candidat·es pour cette septième promotion l’avaient déjà été pour l’une des quatre premières promotions (soit 41 % des candidatures). La proportion monte à 49 % parmi les personnes retenues pour la septième promotion.
La composition des promotions, prise en charge par l’équipe de l’Institut La Boétie, vise à respecter des critères de représentativité des différents secteurs du mouvement, de différents milieux sociaux, et de diversité géographique.
Elle s’appuie en premier lieu sur la lecture de chacune des candidatures, et notamment de leurs motivations, avec une attention particulière portée à la fois aux catégories socio-démographiques sous-représentées dans le vivier des candidatures (cf. après) et aux candidatures de personnes ayant déjà candidaté plusieurs fois auparavant.
Les différents secteurs de la France insoumise
Pour composer ces promotions, la première étape consiste à consulter différents pôles du mouvement insoumis. Cela correspond à l’objectif de refléter et servir la France insoumise en tant que mouvement polycentrique, où l’engagement militant peut prendre des formes diverses.
À ce titre, ont été consultés : le pôle des groupes d’action, les jeunes insoumis·es, le pôle des événements nationaux, le service d’ordre, et l’espace élections et élus.
Parmi les candidat·es, 65 % étaient membres d’un groupe d’action. Logiquement, c’est nettement plus parmi les sélectionné·es : 79 %. La même évolution vaut pour les animateur·ices de GA (respectivement 26 % et 59 %). Nous nous sommes également appuyés largement sur le vivier des volontaires sur les événements nationaux (7 %), du service d’ordre (16 %) et des jeunes insoumis·es (24 %).

La représentativité géographique
L’objectif du cursus renforcé de l’école de formation est de former des militant·es insoumis·es de toutes les régions de France, mais aussi de territoires différents : centres-villes, quartiers populaires, quartiers ruraux.
Dans les candidatures, la région Île-de-France était, sans surprise, sur-représentée avec près de 25,9 %. D’autres régions sont en revanche sous-représentées, comme le Centre Val-de-Loire (3,4 %), la Bourgogne-Franche-Comté (3,5 %) ou la Normandie (3,9 %).
La sélection a donc permis de rééquilibrer la répartition entre régions. Par exemple, les Francilien·nes sont 20 % dans la promotion finale ; Auvergne-Rhône-Alpes passe de 12,5 % des candidat·es à 10 %. À l’inverse, la Bourgogne-Franche-Comté passe de 3,5 % à 5,7 %, la Normandie de 3,9 % à 5,7 % et le Centre-Val de Loire de 3,4 % à 4,3 %.


Au niveau des départements, 52 sont représentés (48 dans la promotion précédente). Des sept promotions, c’est celle pour laquelle le plus de départements sont représentés. Quatre le sont pour la première fois (Landes, Haute-Loire, Savoie et Deux-Sèvres). Il s’agit autant de départements urbains comme Paris, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise, le Nord, les Bouches-du-Rhône, la Haute-Garonne, que de départements majoritairement ruraux comme l’Orne, l’Aisne, l’Aube ou les Hautes-Pyrénées.
La représentativité sociale
L’école de formation de l’Institut La Boétie a aussi vocation à réunir les différentes couches du peuple au sein de ses promotions. Nous nous inscrivons dans la tradition de l’éducation populaire : pour nous, la formation militante ne doit pas être réservée à une élite privilégiée. Le mouvement de la révolution citoyenne doit avoir à son service des femmes et des hommes issu·es du peuple.
Du point de vue du niveau de diplôme, le vivier de candidatures avait, là aussi sans surprise, une forte surreprésentation des niveaux universitaires élevés, avec 38,5 % des candidat·es titulaires d’un Bac+5. Cette proportion baisse légèrement dans la sélection, avec 37,1 %. À contrario, la proportion des personnes titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme inférieur passe de 17 % à 21,5 %.

Du point de vue du niveau de revenu, les faibles revenus sont particulièrement représentés dans la sélection, et même sur-représentés par rapport à leur présence dans le vivier de candidatures.

L’âge
Le choix de l’Institut La Boétie, dès la première promotion du cursus renforcé, a été de favoriser dans la sélection les tranches d’âge les plus jeunes, ce qui est cohérent avec l’objectif de formation et la ligne stratégique du bloc populaire qui a besoin d’une forte mobilisation de la jeunesse.
Logiquement, la septième promotion fait la part belle aux catégories de moins de 30 ans. C’est à la fois le reflet de ce choix stratégique de développement dans la jeunesse, mais aussi du vivier de candidatures, très jeune, ce qui traduit les succès déjà obtenus dans cette stratégie. Ainsi 7,1 % des élèves ont 20 ans ou moins et 21,4 % entre 21 et 25 ans. L’âge médian de cette promotion est de 29 ans et l’âge moyen de 30 ans.
Le cursus est néanmoins ouvert à tous les âges, et les autres tranches d’âge ne sont pas oubliées : 27,1 % des sélectionné·es ont entre 31 et 40 ans, 12,9 % de 41 à 50 ans, 14,3 % ont 51 ans et plus.

Le processus de sélection
La sélection des 70 s’effectue donc en prenant en compte les équilibres selon ces critères (parité de genre, diversité sociale, géographique et d’âge) et les consultations des différents pôles du mouvement. Le comité de respect des principes (CRP) et le comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles (CVSS) sont consultés sur les noms envisagés afin de garantir qu’aucun n’a fait l’objet d’une saisine ou d’une sanction qui empêcherait sa participation au cursus.
Enfin, les 70 personnes pré-sélectionnées ont quatre jours pour confirmer leur engagement à participer à l’ensemble des week-ends. S’ils s’avèrent que des personnes sélectionnées ne peuvent finalement pas assister à un ou plusieurs week-ends, elles sont remplacées, tout en conservant les équilibres.
À l’issue de cette période de confirmation, les personnes malheureusement non sélectionnées reçoivent toutes un message les appelant à candidater à nouveau et incluant le présent rapport.
Conclusion
Bien sûr, tout processus de sélection est critiquable sur tel ou tel point. Certains choix sont d’ailleurs très difficiles à faire, et si nous pouvions agrandir les promotions du cursus renforcé, nous le ferions et en serions les premiers soulagés.
C’est d’ailleurs pour cette raison que nous proposons d’autres possibilités de formation avec les stages régionaux, dont des sessions ont déjà eu lieu à Marseille (2 fois), Nantes, Lille (2 fois), Strasbourg, Toulouse, Lyon (2 fois), Caen, Bordeaux, Tours, Nancy, Rennes, Dijon, Montpellier et Paris. Des prochaines sessions se tiendront de nouveau à Rouen et Bordeaux les 8, 9 et 10 mai prochains : l’ensemble des régions hexagonales auront ainsi bénéficié de deux stages régionaux depuis 2023.
Enfin, les boucles départementales peuvent commander des formations locales sur une série de thèmes, récemment augmentée, sur notre site internet.
Nous pensons indispensable de faire, à chaque sélection, cet exercice de transparence sur la composition des promotions du cursus renforcé et d’expliquer ses étapes : consultation des pôles de la France insoumise et respect des équilibres géographiques, sociaux et d’âge.
Ce processus, comme tout ce que nous faisons, s’explique par nos objectifs politiques : re-connecter pensée critique et action révolutionnaire.
