Ce samedi 1er mars, à l’occasion du premier anniversaire de l’entrée de l’IVG dans la Constitution, Mathilde Panot et l’Institut La Boétie organisaient leur colloque « Mobilisations féministes contre l’extrême droite », en collaboration avec le groupe de la Gauche au Parlement européen.
Le chemin pour l’inscription dans la constitution du droit à l’IVG fut un combat de longue haleine. Chaque étape a été l’occasion d’aller à la rencontre de militantes féministes qui, partout dans le monde, se battent pour les droits des femmes. Ces luttes pour l’émancipation jouent un rôle clé dans la bataille idéologique pour combattre l’extrême droite, et autant de points d’appui pour contrer l’offensive réactionnaire.
À travers le monde, l’extrême droite se constitue en un front international raciste et anti-féministe. Partout, elle crée et diffuse de nouvelles paniques morales pour justifier le recul des droits des femmes et des minorités. Elle instrumentalise la cause féministe pour servir son agenda raciste. Elle détruit les conquis sociaux au profit du grand patronat et de l’actionnariat.
Fémonationalisme, transphobie, masculinisme : les adversaires des féministes renouvellent l’objet de leur haine mais les objectifs poursuivis restent les mêmes. Si les droits des femmes et des minorités ont pris une place si centrale dans l’offensive de l’extrême droite, c’est que les luttes féministes ont été depuis plusieurs décennies au cœur des luttes populaires et de leur dynamique.
En face, la résistance et la riposte féministe s’organisent : des centaines de milliers de femmes argentines prennent les rues face à l’ultralibéral Milei, les réseaux d’entraide pour avorter se construisent ou s’adaptent en Europe et en Amérique, les grèves et manifestations féministes s’amplifient. Les féministes contre-attaquent, poussent leurs avantages, s’attaquent au plafond de verre, tissent des liens solidaires, créent des garde-fous et s’engouffrent dans toutes les fenêtres laissées ouvertes.
Près d’un an après la victoire de la constitutionnalisation de l’IVG en France, ce colloque proposait d’en prolonger le souffle et de croiser enseignements, témoignages et méthodes pour battre l’extrême droite. Pour s’outiller, pour gagner, pour obtenir de nouvelles victoires féministes, en France et ailleurs. Militant·es de terrain, chercheurs·ses, élu·es viendront du monde entier pour échanger.
Le programme :
Début à 13h30
Introduction par Mathilde Panot
Table ronde 1 : Offensives réactionnaires et ripostes féministes
- Maud Royer, présidente de l’association Toutes des Femmes, autrice de Le lobby transphobe
- Jeanne Hefez, conseillère politique et chargée de plaidoyer pour Partners for reproductive justice (IPAS)
- Cassandre Begous, streameur et vulgarisateur sur les questions de genre et LGBTI+
- Animation et intervention par Sarah Legrain, députée LFI de la 16ème circonscription de Paris
Table ronde 2 : L’IVG au centre des résistances et des conquêtes féministes
- Giorgia Alazraki, sage-femme et militante italienne, vice-présidente de l’association des gynécologues non-objecteurs (LAIGA)
- Vanessa Mendoza Cortés, militante andorrane, présidente de l’association Stop Violències en Andorre
- Selma Hajri, médecin et militante tunisienne, membre du Groupe Tawhida Ben Cheikh et du Mouvement pour le droit et l’accès à l’avortement (MARA-Med)
- Animation et intervention par Manon Aubry, députée européenne LFI, présidente du groupe La Gauche au Parlement européen
Table ronde 3 : Le féminisme comme moteur des luttes populaires
- Véronica Gago, politiste argentine, militante du mouvement Ni Una Menos et autrice de La puissance féministe ou le désir de tout changer
- Chirinne Ardakani, avocate en droit pénal et droit des étrangers, présidente de l’ONG Iran Justice
- Sophia Chikirou, députée LFI de la 6ème circonscription de Paris et membre de l’Internationale Féministe
- Assa Traoré,militante féministe antiraciste, fondatrice du Comité vérité et justice pour Adama
- Animation et intervention par Danièle Obono, députée LFI de la 17ème circonscription de Paris
Table ronde 4 : Construire les victoires féministes : comment gagner ?
- Gilda Sportiello, députée italienne, Mouvement 5 étoiles
- Justyna Wydrzyńska, militante polonaise, co-fondatrice du collectif « Abortion Dream Team » en Pologne
- Ana Cristina González Vélez, médecin et activiste colombienne, membre de
Articulacion feminista Marcosur et ancienne directrice nationale de la santé publique de Colombie. Co-fondatrice de la Mesa por la Vida et de Causa Justa - Sarah Durocher, présidente du Planning familial
- Animation et intervention par Mathilde Panot,présidente du groupe La France Insoumise – Nouveau Front Populaire à l’Assemblée nationale et autrice de la proposition de loi constitutionnelle sur le droit à l’IVG