Séance 3 : Peut-on résister au temps de la Technique ?

De plus en plus, les évolutions techniques imposent leurs rythmes à tous les secteurs de l’existence – affectant le travail comme les loisirs, l’information comme la décision politique, et jusqu’à la vie biologique elle-même.
Quoique structurantes, ces évolutions techniques passent souvent inaperçues ; on les tient pour inévitables, et elles ne donnent lieu, la plupart du temps, à aucune vraie délibération démocratique. Il est pourtant plus urgent que jamais d’arraisonner la Technique, et de la constituer en objet et enjeu politique.

« Peut-on résister au temps de la Technique ? » : c’est la question que nous posions, lors de la troisième séance du séminaire « Pour une réappropriation politique du temps », à nos deux invités : l’historien François Jarrige et la sociologue Yaël Benayoun.

François Jarrige, auteur notamment de Technocritiques (La Découverte, 2014), a d’abord proposé un bref parcours dans l’histoire de l’ère industrielle (XIXe-XXe siècles), en évoquant quelques-unes des réticences et résistances suscitées par l’accélération technique.

Puis Yaël Benayoun, animatrice de l’association Le Mouton numérique, et co-autrice de Technologies partout, démocratie nulle part (FYP, 2020), a traité plus spécifiquement des temps du numérique. Elle a évoqué à la fois les temporalités scientifiques, économiques et politiques qui règlent, aujourd’hui, l’innovation numérique, et les rythmes que l’omniprésence du numérique impose à la vie quotidienne.

Enfin, nous avons proposé aux deux invités d’évaluer la possibilité d’une résistance au(x) temps technique(s) : le déploiement (de plus en plus accéléré, de plus en plus accélérant) de dispositifs techniques est-il inexorable ? Peut-on s’y opposer, le ralentir, l’encadrer (collectivement) ou s’en abstraire (individuellement) ?